A propos de l’autrice
Yasmine Laraqui est une autrice et artiste pluridisciplinaire basée à Casablanca. Diplômée de la School of Visual Arts (New York) et de l'ENSA Paris-Cergy, elle explore les frictions entre l'intime, la surveillance et les structures de pouvoir technologiques.
Après un parcours remarqué en arts visuels et curation — exposée notamment à la Biennale de Marrakech, Photo L.A. et Spectrum durant la Miami Art Week — elle déplace aujourd'hui ses obsessions plastiques vers la fiction spéculative.
À travers ses romans, "Mental" (2025) et "Immersions" (2026), elle dissèque la marchandisation des émotions et les dérives techno-biologiques de nos identités. Son écriture, lucide et fragmentée, traite les vestiges des empires français et britanniques comme des artefacts historiques, préférant sonder l’emprise algorithmique contemporaine et les mutations d’une métropole globalisée.
En parallèle de son œuvre littéraire, elle dirige Yasmine Laraqui Studio, un laboratoire créatif dédié aux nouveaux médias et à la production immersive.
Mental
Omnia est une femme oscillant entre lucidité et dérive mentale dans un futur proche où la technologie, la surveillance et la politique se confondent. À travers ses souvenirs et ses missions, elle interroge les effets du pouvoir algorithmique et du capitalisme sur l'intimité et la liberté. Le texte s'ouvre sur la solitude et « la torture mentale » d'une génération prise entre amour et machine. Omnia, figure de résistance, se retrouve dans un laboratoire souterrain d'Umblil, ville fictive post-apocalyptique, où les scientifiques ont perdu foi en l'humain au profit de l'intelligence artificielle. La narration passe du Maroc à Palo Alto, de la Silicon Valley à Casablanca, mêlant réflexions sur la mondialisation, le transhumanisme et la domination numérique. L'héroïne traverse ces espaces comme un témoin désabusé : « Le sexe n'est pas automatique. L'amour n'est pas automatique. » Elle incarne une humanité épuisée par la marchandisation des émotions et la perte du sens. Entre espionnage industriel, manipulations politiques et quête d'identité, Mental 2 dresse le portrait d'un monde où l'amour, la morale et la technologie s'effondrent ensemble. « Il n'y a pas de morale, la morale, c'est l'argent », résume-t-elle, lucide et lasse, dans ce voyage introspectif au coeur d'une civilisation connectée mais déshumanisée.
Immersions
Immersions suit le parcours fragmenté d'Omnia, une intellectuelle marocaine, entre réalité, hallucination et critique sociale. De retour à Casablanca, elle explore la violence invisible du harcèlement, l'héritage postcolonial, et les oppressions systémiques vécues par les femmes, tout en dénonçant une société figée dans le conservatisme. « Rien n'est traumatique », dit-elle, en relativisant la douleur par la résilience ironique. Le récit oscille entre introspection lucide, souvenirs de persécution (notamment pour ses opinions féministes et politiques), et plongées dans des réalités parallèles : expériences scientifiques, reprogrammation mentale, hybridation identitaire. À travers une narration hachée et percutante, le livre mêle critique politique, satire sociale et réflexion postmoderne. Le personnage principal questionne sa place dans un monde globalisé, marqué par la répression, le patriarcat et les violences économiques : « Les êtres vivants survivent ou s'adaptent à la domination. » Les scènes se succèdent comme autant de flashs - conférence houleuse, procès absurde, expérience en laboratoire - formant une fresque du chaos contemporain. L'oeuvre souligne la perte de repères dans un monde où la guerre idéologique devient virtuelle, où les identités sont hackées, et où la survie mentale passe par la transgression. Omnia devient un symbole de résistance, malgré la surveillance, la dérision et l'isolement
Contact Us
Instagram @yasmine.laraqui